Buried Music


Buried Music is a collection of 15 bilingual poems and 15 interludes, written both in French and English at the same time, creating connexions and mirroring effects between the two languages and their music and rhythm.
The poems question the connection between music and family through times and history, it is dedicated to the great grandfather, the grandfather and father of the artist. Here are a few excerpts of the collection.
If you are interested in publishing this collection, please contact the artist at schuh.diane@gmail.com

{A . Le Monde-autre}

« Elle ne comprend pas souvent notre monde c’est pourquoi elle fabrique le sien.
Elle ne connait pas la hiérarchie.
Elle se sait femme cependant même homme elle porterait des robes.
Elle est sensible, elle aime textures, rouilles, mousses et détails.
Elle aime le mystère et les sombres paysages, elle aime le Mythe.
Et par-dessus tout la musique, du vent aux vagues aux cordes.
Elle voyage beaucoup, soit le monde soit son esprit.
Elle est parfois timide et parle à travers son attirail.
Elle pense que nous sommes des animaux brisés inventant nos propres parures.
Elle veut dire au monde qu’elle en aime chacun de ses bouts.
Elle ressent l’urgence de partager ses contes.
Maintenant elle construira ses propres mots. »

{Les portes de notre monde (pour Aoi)}

« Discussions sur nos familles respectives :
Elle est aussi envahissante que ses objets
À la table d’un autre continent nous prenons le thé
Il est temps de partir en forêt
L’effondrement de la société de consommation
Nous fait revenir aux pratiques ancestrales
Un arbre aux champignons-espalier dur comme du
marbre
L’habitat des Formicidae et des fougères en nappe
Comme mer les cris des grillons
Tu nous croyais perdues mais je me souviens du sud
Les maisons de la vallée, les quatre pierres, la table
Enlevée
Bouleaux à papier maudits étêtés
Le scarabée fossoyeur
Ton vieil ami a traversé les siècles
Et te suis partout à son rythme
Le chat tout aussi égyptien
Et le fantôme que tu crois voir
Ma boussole interne
Je te promets, la forêt de bouge pas
Mais les arbres se déguisent
Tu gardes leurs âmes
Imprimées sur papier végétal
Je te promets je connais la sortie
Et même si je souhaite y rester
Les branches-escalier
Les chevaux blancs, l’étalon noir
Coiffé de son masque de gaze
À la porte de ton monde
Le pré des sauvages sauvageonnes
Fleurs
Tu voulais caresser les abeilles
Effleure
Ombellifères et mystères…

 

Prise de fièvre dans le train
Tu notes ces lignes tandis
Que tu reviens à ce monde moderne
Que secrètement tu abhorres
Et tes bottes noires cirées ne portent aucune trace
De boue, ne portent aucune trace de ta forêt
Y es-tu seulement allé ? Son nom secret
Tu le connais, les souvenirs s’effacent
Mais pas son nom, son monde, son secret
Clandestine
Ce qui n’existe pas reste à inventer
Ce monde subsiste dans une autre réalité
Son nom rime avec nuit et merci
Et le train processionnaire a la vitesse du scarabée. »

{Cœurs carnivores}

« Extatique devant les Sarracénies
Et dionées à la fenêtre tu attends
Que la nuit tombant en maladie
Abandonnée maintenant
À toi-même mais sereine tu sais
Qu’il reviendra les mains pleines.
Sans cœur noir et portant plein
Des robes que tu souhaitais porter en carnaval
Et semblables aux fantômes de l’âme à son seuil
Voiles blancs et vœux bien connus de deuils
Oh toi mon joli petit bruant vespéral !
Voudrais-tu vraiment les porter pareil
À l’ombre de ta personne nymphéale? »

{Le rêve de la femme du pêcheur}

« Et même si je t’ai pardonné
Mon cœur garde les marques de ta cruauté
Et la mort abrupte se fait écho dans mon cœur
Brutes tentacules au point de l’Érèbe
Héméra éphémère ne se fera plus en voiles radieux.

Sept vies, sept dons, sept cœurs
Un seul je t’ai donné à ravir
En collines sommets à gravir,
Les pics se mettent à parler
Enfin ces chocs post-traumatiques évacués.

Je suis l’épouse du marin sous vents dominants
Mariée à la harpe, femmes des cordes gaéliques
Chevelure grandissante allongée quand distant
Les blouses peintes de mes mains mélancoliques
Ancolies des robes enterrées aux bords de l’océan
Runes encordées au cou te font protection
Infantiles symbolismes en symptômes
Dans la confidence de ton amie et ta foi
Maintenant tournée superstition.

Et bien que pardonné dans mon cœur
Reste cette colère, cette absurdité
L’abrupte mort habite mon foyer
Et brutes tentacules au point d’éternité
Hemera tes voiles absents
Eux aussi perdirent l’éphémère.

Mais quand toi présent je garde en arrière ma place
Mes possibilités devant toi mon Hélios
Et tes jeux ta seule joie mon Eros
Quand de la terre tu entendis se former ses crevasses.

Ainsi que le violon en héritage, en cadeau
La musique n’existait plus de Do à Do
Pourtant thérapie pour ton cerveau et poignets
Les horizons bizarres des rebondissements ont leurs secrets

Et si avant quarante ans tu mourrais
Aurais-tu vraiment fait tout ce que tu voulais ?
Toi femme de marin sous vents dominants
Ton cœur et pensées errantes
Fleurs de mélancolie pour toi petite amante
Tu préfères Aquilegia pour Ancolie
Ta robe enterrée au bord de l’océan
Infantiles symbolismes en protection
Comme symptômes de ta confiance elle perdit
La foi tournée superstition.

Et maintenant :

Dessins sur les pierres de pentacles tentaculaires
Semblables au rêve de la femme du pêcheur
Fantaisies d’extases à la fin tu ne donnas
Ce sont ces mots sur ta tombe que l’on grava. »