Mix Binaural d’une des diffusions de l’installation sonore [à écouter de préférence au casque]:

Projet MYCELIUM GARDEN – lauréat de l’appel à projet Symbiose de l’EUR ArTec – seconde phase de recherche

Ce projet, développé dans le cadre de l’appel à projet de recherche « Symbiose » de l’EUR ArTec, se concentre sur l’interaction entre l’humain et un réseau de mycélium. Il cherche à comprendre et utiliser les expressions électriques du mycélium dans une perspective musicale. La méthodologie repose sur une recherche de « connaissance objective » (Popper, 1985), étudiant les interactions avec le mycélium par un processus expérimental. Le projet explore la création d’assemblages pour rendre cette interaction sensible et audible. Il interroge les interfaces et les transductions dans des interactions interspécifiques, mettant en lumière l’importance de reconnaître l’altérité des êtres non-humains. L’installation souligne la nécessité de développer des protocoles de recherche guidés par un principe de « verisimilitude » dans le contexte d’un projet écologique d’attention au vivant. Dans cette seconde phase de l’installation un agent I.A. a été développé afin de générer de la vidéo en temps réel. Le dispositif sonore a été conçu en ambisonie 3d afin de co-composer un milieu sonore immersif et enveloppant.

Extrait vidéo de la présentation de l’installation aux Rendez-vous ArTec

Les objets et les installations développés dans ce projet sont construits comme des bases de réflexion pour repenser la question de la communication inter-espèces, conçue non pas comme un processus basé sur une culture et une intentionnalité communes, mais comme une forme de coproduction de sens par « ajustement des différences », selon le concept de Dominique Guillo (Guillo, 2019).

Dans ce projet, le rythme du mycélium (son développement, son cycle de croissance, le signal que nous avons pu extraire) a guidé chacune de nos actions. Cela a nécessité une adaptation et une capacité à s’adapter, à réajuster nos attentes, à réajuster le projet lui-même. Le résultat de ces recherches constitue la mise au jour d’un processus plutôt que la production d’un objet. L’isolement de l’activité électrique du mycélium au sein du signal enregistré demanderait de nouveaux moyens, de nouvelles expériences en milieux contrôlés. Les assemblages multispécifiques construits lors de ces expériences, nous ont conduit à développer une méthodologie de l’attention qui tend à la recherche d’une connaissance objective, construite au fil des expérimentations. Cette expérience de recherche nous a fait réfléchir sur les notions d’interface, de traduction, de transduction et de mise à l’échelle de données entre différents systèmes/écosystèmes : entre vivant humain, non-humain, machines et IA. Dans ce travail, nous avons souhaité mettre en évidence toutes les étapes de cette traduction qui nous permettent d’accéder à une dimension auditive d’une relation mycélium/humain. La mise au jour de ces processus et le partage de cette démarche auprès du public nous a permis de communiquer sur le mycélium et d’engager un dialogue critique sur les interfaces. Ainsi, l’étude de la notion de symbiose et son application dans ce projet nous a servi d’outil pour apporter un éclairage à la notion de complexité, et produire des médiations sur cette notion auprès de divers publics. Aussi, ce dispositif nous invite à questionner les enjeux esthétiques de formes générées automatiquement ou, dans ce cas, guidées par des processus non humains, en montrant la fragmentation et la dissolution de l’intentionnalité dans ce type de productions qui synthétisent et explorent des niches inexplorées de nos espaces culturels.

Nous remercions les organismes de financement du projet de recherche « Mycelium Garden » : l’EUR ArTec et la MSH Paris Nord, ainsi que l’équipe réunie autour de ce projet : Anne Sèdes, Alain Bonardi, David Fierro du CICM ; Charlotte Janis et Roberto Dell’Orco de Spora ; Guillaume Peureux et Julien Schuh du CSLF Nanterre ; Stephen Whitmarsh de l’ICM ; Hugo Scurto d’ArTec ; Salim Mohamed Aissi de l’Équipe MLIA – Institut des systèmes intelligents et robotique (ISIR) – CNRS – INSERM – Sorbonne Université. Nous remercions également Adrien Zanni (CICM/MUSIDANSE, Université Paris 8) pour la conception du dispositif ambisonie 2d/WFS et Paul Goutmann (ArTec, CICM/ MUSIDANSE, Université Paris 8) pour la conception du dispositif d’ambisonie 3d.

Ce projet a été conçu avec les outils de l’ANR BBDMI (ANR-21-CE38-0018).


photo 2023 ©université Paris 8 / Service création audiovisuelle – Patrick Masclaux
Vidéo : © 2024 – EUR ArTeC / Beatriz Ciliberto

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