extrait du concert enregistré le 18 juin à L’Instituto Cervantes de París. Pièce interprétée par l’Ensemble CAIRN | Concert Restitution des Ateliers de Composition de Maestro J. M. López López – Accordéon : Fanny Vicens, Flûte: Cédric Jullion, Violon : Elissa Cassini.

Note de programme:

« Si l’on ne fait rien, on fait une forêt », est une pièce pour accordéon microtonal, violon, flûte et électronique en temps réel, d’une durée de 3 minutes environ. Cette pièce a été composée pour l’ensemble Cairn dans le cadre de l’Atelier de composition de José-Manuel López-López à l’Université Paris 8.
Le titre est une citation du jardinier Gilles Clément:

« On sait quand un jardin commence, on ne sait pas quand il s’achève. Il ne finit jamais. Si l’on abandonne son entretien, il devient une forêt. Quoi de mieux ? »

Ce travail est une double exploration autour des notions de fragilité et d’émergence. C’est une exploration de l’écologie sonore. La notion de fragilité est explorée d’abord du côté instrumental. Pour composer la partition j’ai demandé aux instrumentistes d’improviser à partir de modes de jeux « fragiles », des modes de jeu qui produisent des sons difficiles à tenir ou à peine audibles, qui frôlent l’imperceptible. L’idée est de créer des motifs très fugitifs, rapides, dont la dynamique est alors impulsée par l’électronique. La question est la suivante : comment produire une masse dense et sonore à partir de sons presque inaudibles ?
Ces motifs fragiles m’ont servi de « substrat » (Vaggione 2008), dans l’exploration de la pensée complexe au sein du projet sonore. Ici, je choisi de composer l’émergence par l’électronique en temps réel. La manière de composer par matrice de réinjection (Svidzinski, Bonardi 2020) au sein de Max/MPSP me permet cela. Cette manière de construire l’émergence permet de se détacher des visions algorithmiques de l’imitation des processus et modélisations de reconquête de la nature.
Il s’agit ici d’explorer un des modèles opératoire qui organise la complexité d’un milieu vivant en mouvement, dans un espace composable. Le processus dans le réel comme dans l’espace composable est alors ici pensé comme un « sous-état » qui sous-tend les possibilités d’émergence. La construction d’écosystèmes composables nous permet d’appréhender un monde imprévisible, il permet de travailler l’émergence non contrôlée, l’adaptabilité du milieu, en même temps que l’adaptabilité de notre écoute. Cette pièce m’a permis d’amorcer mes recherches sur la notion de symbiose en musique.

Partition, patch Max/MSP et enregistrement complet disponibles sur demande

///
« Si l’on ne fait rien, on fait une forêt » is a piece for microtonal accordion, violin, flute and live electronics, lasting about 3 minutes. This piece was composed for the ensemble Cairn in the framework of José-Manuel López-López’s composition workshop at the University of Paris 8.
The title is a quote from the gardener Gilles Clément:

« We know when a garden begins, we don’t know when it ends. It never ends. If we abandon its maintenance, it becomes a forest. What could be better? »

This work is a double exploration around the notions of fragility and emergence. It is an exploration of sound ecology. The notion of fragility is explored first of all on the instrumental side. To compose the score, I asked the instrumentalists to improvise from « fragile » playing modes, playing modes that produce sounds that are difficult to hold or barely audible, that border on the imperceptible. The idea is to create very fleeting, rapid patterns whose dynamics are then driven by the electronics. The question is: how to produce a dense, sonorous mass from almost inaudible sounds?
These fragile motifs have served as a « substratum » (Vaggione 2008), in the exploration of complex thought within the sound project. Here, I choose to compose emergence through live electronics. The way of composing by reinjection matrix (Svidzinski, Bonardi 2020) within Max/MPSP allows me to do this. This way of constructing emergence allows me to detach myself from algorithmic visions of imitating the processes and models of reclaiming nature.
It is a question here of exploring one of the operative models that organizes the complexity of a living environment in movement, in a composable space. The process in the real as well as in the composable space is then thought of as a ‘sub-state’ that underlies the possibilities of emergence. The construction of composable ecosystems allows us to apprehend an unpredictable world, it allows us to work on the uncontrolled emergence, the adaptability of the environment, at the same time as the adaptability of our listening. This piece allowed me to start my research on the notion of symbiosis in music.

Complete score, Max/MSP patch and recording available on demand

/ Free Portfolio Plugin for WordPress by Silicon Themes.